En 2016, Zone Libre place l’habitant au cœur de sa démarche. Éclats sonores n’est pas un concert que l’on vient voir, mais un territoire que l’on apprend à entendre. Dans les ruelles du centre ancien, sur les places, aux fenêtres, le projet déplie une écologie du sonore en milieu urbain : écouter la ville pour la comprendre, la collecter pour la garder, la recomposer pour se la réapproprier.
Mené dans le cadre de La Semaine du Son, avec les écoles et les lycées, l’Université de Corse, les habitants des quartiers, et aux côtés du centre culturel Una Volta, Éclats sonores fait de l’écologie sonore une pratique partagée. La gratuité y est un principe, la transmission une fin autant qu’un moyen.
Quatre gestes
Des balades casquées et des marches d’écoute qui traversent la ville, oreilles ouvertes, pour redécouvrir un quotidien devenu inaudible à force d’être familier.
Recueillir les sons du centre ancien, voix, métiers, cloches, pas, matières, pour constituer une mémoire sonore vivante du territoire.
Avec les scolaires et les habitants, apprendre à écouter, enregistrer, monter : faire de chacun un compositeur de son propre environnement.
Des installations et des pièces déposées dans l’espace public, qui rendent à la ville, transformée, la matière qu’on lui a empruntée.
Un projet qui essaime
Éclats sonores est la matrice d’où sont nées les formes signatures de Zone Libre et l’esprit de ses projets hors les murs, de l’Odysée sonore en Égypte aux résidences menées avec Transcultures, de Timișoara à La Louvière. Partout, la même conviction : un territoire s’entend autant qu’il se voit, et l’écoute est un acte politique autant que poétique.
Vers le site de Tommy Lawson