Au-delà du festival, Zone Libre est un projet de territoire. Depuis ses débuts, la structure fait de l’écoute un outil pour habiter autrement la ville et le monde : parcours et balades sonores, ateliers, résidences, actions avec les habitants et les publics scolaires. Le son y devient lien social, la ville une partition, et le territoire un atelier à ciel ouvert.

Le projet fondateur de la démarche. Zone Libre invite les habitants du centre ancien de Bastia à réécouter leur ville : parcours d’écoute, collectes sonores, ateliers de design sonore, œuvres in situ dans l’espace public. Mené dans le cadre de La Semaine du Son, avec les écoles, l’Université de Corse et le centre culturel Una Volta, il fait de l’écologie sonore une pratique partagée et un vecteur de lien social.

Des promenades d’écoute casquées, souvent géolocalisées, qui rendent sensible le paysage sonore d’un quartier. Menées au plus près des habitants, notamment dans les quartiers prioritaires, elles transforment le rapport de chacun à son environnement quotidien et invitent à se réapproprier l’espace public par l’oreille.

Une résidence sur le campus de Corti. À partir de sons collectés in situ (bruits naturels, activité humaine, voix d’étudiants et de personnels), Tommy Lawson et le sound designer Jean Daniel Bécache composent des cartes-postales sonores, restituées en une balade géolocalisée que toute la communauté universitaire peut parcourir. Une expérience d’écologie sonore pour s’approprier autrement son lieu d’étude.

De l’école primaire au lycée, Zone Libre mène des ateliers de création et d’écoute : initiation au design sonore, collecte, montage, découverte des arts sonores. Une transmission au long cours, adossée aux dispositifs éducatifs du territoire, qui fait de l’oreille un outil d’émancipation.

Un projet artistique de territoire en itinérance : une immersion créative au fil du Nil, entre anthropologie du sonore et field recording. Avec Hamida (duo HTML), Tommy Lawson capte des « photographies sonores » des écosystèmes et des cultures traversés, puis les tisse en un voyage méditatif où shruti box, handpan, bols et électronique dialoguent avec la voix. Son volet méditerranéen, Mare Nostrum, prolonge la traversée sur les rives d’une histoire commune.

En résidence à Timișoara, Tommy Lawson collecte paysages sonores, climats et récits d’habitants le long de la rivière Bega, pour composer un « cinéma pour les oreilles » en balade géolocalisée (application Soundways). Un voyage intérieur dans l’interconnexion des sons, mené sous le commissariat de Philippe Franck, co-curateur de l’exposition Sonic Narratives.

Résidence de création pour la biennale ARTour, Art contemporain et Patrimoine. À partir de sons captés in situ et d’entretiens avec riverains et passants, l’artiste compose des cartes-postales sonores restituées en une balade géolocalisée, où chaque lieu traversé dialogue avec le son. La démarche est accompagnée d’un texte de Philippe Franck, « Bienvenue dans l’hyperréel ».

Une résidence croisée à Vilnius, avec Philippe Franck et Christian Vialard, portée par les Pépinières Européennes de Création, Transcultures, Užiateka et Oasis Art. Dix jours à écouter et enregistrer la ville, un workshop d’art sonore (field recording, mise en espace, traitement électronique), et une exposition collective avec de jeunes artistes lituaniens, « Reimagining the city », ponctuée de performances dans le cadre du Spring Sound Camp #1.